Le partenariat historique entre Ramsar et Danone-Evian primé « Meilleur programme de compensation d’entreprise 2016 »

Cette année, le « Fonds carbone pour des moyens d’existence durable » (Fonds Livelihoods) a été élu "Meilleur programme de compensation d'entreprise 2016," sur la base d’un sondage de 1000 entreprises dans le marché du carbone, pour désigner les principaux acteurs du secteur.

Entretien avec Bernard Giraud, président de Livelihoods Venture :

Que signifie ce prix pour les moyens d’existence durable ?

Ce prix 2016 pour le meilleur programme de compensation d'entreprise est, avant tout, la reconnaissance des efforts déployés par nos investisseurs et partenaires à utiliser l'économie du carbone comme un levier pour améliorer les moyens de subsistance des communautés rurales.

Aujourd'hui, Livelihoods Venture a neuf projets en cours pour fournir des résultats tangibles en Afrique, en Asie et en Amérique latine. Ces projets améliorent la vie d'un million de personnes et pourront séquestrer environ 10 millions de tonnes de CO2 sur 20 ans.

Le prix rend aussi hommage à un phénomène assez rare : les entreprises qui travaillent ensemble et unissent leurs forces pour mener à bien des projets de grande envergure et développer des solutions efficaces. Des entreprises aussi diverses que Schneider Electric, Michelin, Danone, Hermès, La Poste, le Groupe Caisse des Dépôts, SAP, Firmenich, Crédit Agricole S.A. et Voyageurs du Monde ont investi dans le « Fonds carbone pour des moyens d’existence durable ».

Les leçons que nous avons apprises du Fonds carbone nous ont permis de lancer un deuxième fonds en 2015: le « Fonds pour les moyens d’existence durable de l'agriculture familiale ». Ce fonds est moins directement orienté vers la réduction de l'empreinte carbone, mais apportera évidemment beaucoup dans ce domaine, en aidant près de 200 000 exploitations agricoles à évoluer vers des pratiques agricoles durables et en transformant les chaînes d'approvisionnement de ses investisseurs, Danone, Mars Inc., Firmenich et Veolia.

 

Pourquoi ces fonds ont-ils été créés ?

Avec le Fonds carbone, nous sommes partis de la prémisse que l'écosystème qui fournit la production alimentaire des populations rurales - à savoir l'environnement immédiat (sources d'eau, le bois et le sol) - doit être préservé à tout prix, pour que les résidents locaux aient une vie décente.

Les projets Livelihoods ont créé un cycle vertueux :

- en restaurant la mangrove, afin de favoriser le retour de la biodiversité ;

- en créant des systèmes agroforestiers qui permettent aux petits agriculteurs de produire davantage pour nourrir leurs familles, et de vendre des produits alimentaires pour augmenter leurs revenus ; et

- en fournissant des solutions d'énergie alternatives pour limiter l'utilisation du bois pour la cuisson, réduisant ainsi l'exposition des femmes aux fumées toxiques et le temps passé à ramasser du bois.

Les entreprises ont pris le risque de pré-financer ces projets en dotant le Fonds de 40 millions d’euros. Leurs investissements améliorent la vie des communautés rurales et aider l'environnement, tout en réduisant l'empreinte carbone des entreprises.

En outre, le Fonds Livelihoods pour l'agriculture familiale dispose d'une connexion plus directe avec les activités de ses entreprises partenaires. Par exemple, il vise à transformer la chaîne d'approvisionnement en eau pour Veolia, la chaîne d'approvisionnement du cacao pour Marc Inc. et la chaîne d'approvisionnement du lait pour Danone.

Dans les trois cas, nous développons des pratiques agricoles qui aident vraiment les petits agriculteurs à améliorer leurs rendements sans épuiser les ressources naturelles. Cet engagement est crucial. À l'avenir, plus de personnes auront besoin d'être nourries, les agriculteurs devront beaucoup mieux vivre de leur travail, et les entreprises devront obtenir des approvisionnements tout en assurant une qualité optimale - sans mettre en péril l'environnement. Le Fonds Livelihoods nous permet de traiter les aspects économiques, environnementaux et sociaux en même temps.

 

Quels partenariats sont mis en place par des moyens de subsistance pour développer ce projet ?

Tous nos projets sont mis en œuvre par des ONG. Il ne s’agit pas juste de leur imposer des pratiques alternatives. Au contraire, nous leur fournissons un soutien à long terme. Par exemple, un projet de restauration de mangrove est construit pour 20 ans.

Il est important de savoir que les moyens d’existence durable ne sont pas en concurrence avec d'autres sources de financement. Au Burkina Faso, par exemple, nous avons établi un partenariat avec l'Agence Française de Développement, et au Guatemala, nous avons signé un partenariat avec le gouvernement national. Notre travail complète ce qui est fait par les parties prenantes dans son ensemble.

Enfin, nous devons nous rappeler que les entreprises ne contribuent pas seulement en versant de l’argent ; elles peuvent aussi fournir une expertise. Par exemple, en Indonésie les employés d’Hermès ont utilisé des produits issus des mangroves pour produire des textiles, et le personnel de Danone aider régulièrement les ONG sur des questions de marketing.

Les projets que nous choisissons ne sont pas « clés en main ». Nous les construisons avec soin et sur le long terme avec nos partenaires publics, privés et des ONG, en consultation avec les populations locales.

 

En 2008, le Groupe Danone, en collaboration avec la Convention de Ramsar sur les zones humides et l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a créé le Fonds Danone pour la nature pour restaurer les écosystèmes dégradés, réaménager les économies locales, et lutter contre le changement climatique. En 2011, le Fonds Danone pour la Nature a été ouvert à des investisseurs extérieurs et a évolué progressivement vers le Livelihoods Fund tel qu'il est connu aujourd'hui.

Le Livelihoods Fund a lancé en 2006, en partenariat avec Océanium (une ONG locale sénégalaise), un projet pour restaurer une forêt de mangrove très dégradée. Il a permis une grande replantation à l'échelle des mangroves, dans environ 500 villages du Delta du Sine-Saloum et en Casamance devenant ainsi le plus grand projet de reboisement des mangroves dans le monde.

La Convention de Ramsar et Danone-Evian jouissent d'une relation historique (18 ans), qui a débuté en 1998. Ce fut le premier accord de partenariat entre une convention mondiale pour l'environnement et le secteur privé. Chaque année depuis 1998, Danone-Evian a soutenu la Convention pour promouvoir la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 Février de chaque année pour sensibiliser sur le rôle vital des zones humides.

 

En savoir plus

- Site internet de la convention de Ramsar

- Site internet du Fonds Livelihoods de Danone

Page mise à jour le 08/08/2016
Haut