Préservation du paysage et de l’écosystème lagunaire et maintien des activités traditionnelles sur l’étang d’Urbino

Page mise à jour le 17/09/2015
Créée le 28/04/2010

L'opération

Catégories Préservation et gestion
Type d'opération Requalification paysagère, réorganisation des zones d’activité de la presqu’île et d’accueil du public
Type de milieux concerné Lagune
Enjeux (eau, biodiversité, climat) Qualité de l’eau
Continuité écologique

Début des travaux
Fin des travaux
02/2008
02/2008
Surface concernée par les travaux 790.00

La zone humide dans la partie restaurée

Nom Etang d'Urbino
Présence d’eau dans la zone permanent (toute l’année)
Caractéristiques hydro géomorphologiques Milieu estuarien ou côtier

Contexte réglementaire Arrêté Préfectoral de BiotopeSite du CELRL
Autres Non concerné
Loi Non concerné

Références au titre des directives européennes
Référence de la Masse d'eau FRET03
Référence du site Natura 2000
FR9410098

Localisation

Pays France
Bassins Corse
Région(s)CORSE
Communes(s)HAUTE-CORSE (2B)
GHISONACCIA (2B123)

Carte de localisation de l'étang d'Urbino
Carte de localisation de l'étang d'Urbino sur le bassin RMC

Les objectifs du maître d'ouvrage

 Les orientations de gestion définies au plan de gestion simplifié de l’étang d’Urbino sont entre autres :
- Protéger et conserver la richesse et la diversité biologique
- Maintenir la qualité écologique du plan d’eau
- Pérenniser une exploitation traditionnelle des ressources halieutiques de l’étang viable et respectueuse du site
- Organiser de façon permanente la gestion du site et l’accueil du public
- Améliorer la qualité paysagère

La nouvelle gestion de l’étang d’Urbino a donc pour but d’associer préservation du paysage et de l’écosystème lagunaire et maintien des activités traditionnelles sur l’étang par le biais d’un projet élaboré conjointement entre le propriétaire, le gestionnaire et les professionnels.

Le milieu et les pressions

L’étang d’Urbino fait partie des lagunes de la côte orientale corse. Cette lagune d’effondrement de 800 ha a une profondeur moyenne de 4-5 mètres. Elle est séparée de la mer tyrrhénienne par un simple cordon sableux ouvert au niveau d’un grau artificiel. Réceptacle des eaux du bassin versant, l'étang participe à la conservation d'un capital hydrique, limite l'érosion des terres en amont et contribue au maintien de la capacité des nappes phréatiques.

Désigné site RAMSAR en 2009, l’étang est également :
• un support de biodiversité,
• un support pour les chaînes alimentaires,
• un réservoir génétique,
• un support pour l’évolution des espèces (adaptations et phénomènes de résistance),
• un support d’activités sociales (pêche, conchyliculture, élevage, cultures, chasse),
• un support de la recherche scientifique,
• un support pour l’éducation à l’environnement,
• et une valeur d’héritage.

La proximité avec les étangs et marais de Diane et de Palu favorise les échanges d’oiseaux (113 espèces inventoriées, dont 37 nicheuses). Le caractère sténohalin de l’étang lui confère une grande variété de biotopes et une originalité paysagère indéniable (plage et dune à genévriers, falaises marneuses, sansouires, pinèdes littorales, maquis…). La flore y est assez riche et l’on trouve notamment : la kochia hérissée, l’althénie filiforme et l’hibiscus à 5 fruits présent dans un marais périphérique.
La richesse de l’étang est également liée à la présence d’herbiers aquatiques (herbier de cymodocées, zostères, ruppias), abritant une faune d'invertébrés et de poissons riche et diversifiée (grande nacre, anguille, aphanius de Corse,…).

Les opportunités d'intervention


Dans l’étang, la pêche et l'aquaculture représentent une ressource économique importante.

L’acquisition de ce site par le Conservatoire a donc été un enjeu fort et a pu être concrétisée grâce au souhait des propriétaires de le céder au Conservatoire dans un but de gestion durable.

Les travaux et aménagements


Les grandes orientations de restauration du cadre paysager ont été définies avec les acteurs locaux dans un plan de gestion simplifié. En application de celui-ci, le Conservatoire s’est doté d’un plan d’intentions paysagères qui prévoit la requalification paysagère et la réorganisation de la zone d’activité de la presqu’île et l’accueil du public. Le projet comprend notamment la destruction d’un hangar et la transformation d’un hangar désaffecté en bâtiment de gestion et d’accueil du public, le regroupement des activités de pêche et de conchyliculture au sein d’un « pôle d’activités » ainsi que l’aménagement de stationnements et de sentiers pour les visiteurs. Les travaux de réhabilitation des anciens espaces d’exploitation et du bâtiment de gestion sont en cours. De plus, l’existence d’activités économiques (conchyliculture, pêche et un restaurant) et le fait que certaines parcelles de la presqu’île sont demeurées privées et occupées par des maisons d’habitation amènent le Conservatoire et ses partenaires (gestionnaire et commune de Ghisonaccia) vers une réflexion concernant la récupération et le traitement des eaux usées sans rejet dans le plan d’eau afin de maintenir des conditions favorables au bon état écologique de la lagune. Cette étude intègre l’assainissement des parcelles à proximité : habitations, restaurant afin d’aboutir à une gestion concertée du système d’assainissement des eaux usées. Par ailleurs, une étude sur les impacts des activités agricoles sur le bassin versant a été réalisée. Dans le but d’améliorer les connaissances sur le milieu, des suivis réguliers de l’avifaune sont assurés par le gestionnaire et une cartographie de la végétation va être assurée par le Conservatoire botanique de Corse en 2010.

Esquisse : Presqu’île d’Urbino – état actuel
Esquisse : Presqu’île d’Urbino – état actuel
Mytiliculture sur l'Etang d'Urbino
Mytiliculture sur l'Etang d'Urbino

La démarche réglementaire

Non renseigné


La gestion


L’enjeu principal de ce site réside dans l’entretien du grau artificiel qui est la clé de voûte de la gestion de la lagune. Il s’agit actuellement pour le propriétaire et le gestionnaire, d’en définir les modalités d’entretien, en accord avec les pêcheurs et conchyliculteurs et afin d’assurer la qualité de l’écosystème et le bon fonctionnement des activités aquacoles et de la pêche. Le Conservatoire engage une étude préliminaire dans le but de disposer de propositions pour l’aménagement et l’entretien de l’ouvrage d’échange hydraulique durable entre l’étang d’Urbino et la mer.

Le Conservatoire et le Département de la Haute-Corse ont permis d’engager une véritable action de concertation sur ce site entre propriétaire, gestionnaire et acteurs économiques.

Suivant les dispositions du plan de gestion simplifié de l’étang d’Urbino, des conventions d’exploitation avec les acteurs économiques pour les usages piscicole traditionnel et ostréicole sont mises en œuvre en liaison avec les gestionnaires et valent réglementation de gestion de la pêche et de la conchyliculture sur le site.
Ces conventions sont soumises à des contraintes :
- de gestion concertée des milieux aquatiques par des travaux d’entretien adaptés,
- de maintien de zones de tranquillité et de reproduction pour la faune aquatique notamment par la mise en réserve de parties du site,
- de respect des mesures de protection des espèces de grand intérêt patrimonial
- de compatibilité d’usages du site et notamment l’ostréiculture et l’ouverture au public par des modalités adaptées (réglementation sur l’espace, sur les pratiques et circulation sur le plan d’eau).
 

Le suivi

Le service du Conseil Général de gestion de la Réserve Naturelle de l’étang de Biguglia a également mené un recensement de l’avifaune hivernante et nicheuse, cette action a été poursuivie en 2009 et sera reconduite tous les ans.

Un carnet de pêche a été mis en place afin de fournir des indications à l’IFREMER quant aux pêches réalisées sur l’étang. Un suivi de l’anguille a commencé en milieu d'année 2007 et des enquêtes ont été menées auprès des pêcheurs. Une étude est actuellement en cours sur les pesticides dans le cadre du GRPPN (Groupe régional de suivi de la pollution par les produits phytosanitaires et les nitrates).

Dans le cadre de la Directive Cadre sur l'Eau (DCE), l'IFREMER a mené une campagne de surveillance depuis 2009 sur les eaux de transition et les eaux marines. Tous les descripteurs ont été pris en compte.

Grau artificiel au nord du lido d’Urbino
Grau artificiel au nord du lido d’Urbino
Pêche traditionnelle sur la lagune d’Urbino
Pêche traditionnelle sur la lagune d’Urbino

Le bilan et les perspectives

Etudes :

En 2009, le Conservatoire du littoral a lancé une étude pour élaborer le schéma d’assainissement collectif sur la zone urbanisée de la presqu’ile.

- Une étude portant sur le fonctionnement du grau actuel permettra d’obtenir des propositions d’aménagement d’un ouvrage d’échange hydraulique durable entre l’étang d’Urbino et la mer.
De plus, une étude toponymique et ethnolinguistique sera menée sur le site de l’étang.

- Les activités économiques menées sur le bassin versant ont un impact direct sur la zone humide, essentiellement sur l’activité conchylicole. Le suivi des produits utilisés constitue une priorité du plan de gestion afin de prendre en compte la problématique écologique en amont.

Travaux :

L’entretien du grau a nécessité deux campagnes d’interventions, en avril et en juin 2008, afin de permettre la communication entre la mer et la lagune et maintenir ainsi les activités économiques.

- Aménagement du bâtiment dédié à la gestion et à l’accueil du public
- Aménagement paysager de l’aire de stationnement et création d’un sentier piéton
- Réhabilitation de la zone d’activités et construction de locaux d’exploitation

Acquisitions :

- Etude d’un périmètre d’intervention du Conservatoire sur les zones naturelles du bassin versant proche de l’étang.
 

La valorisation de l'opération

- Présentation du plan d’intentions paysagères élaboré par le paysagiste conseil du Conservatoire
du littoral, Alain Freytet
(voire esquisse ci-contre). Ce document a été conçu afin de repenser l’organisation de l’espace, essentiellement en faveur de l’accueil du public et du maintien des activité socio-économiques.


Documents de communicationsMedias
Documents de communicationsDocument de communications
Diversité paysagère des marais d’Urbino
Diversité paysagère des marais d’Urbino
Paysage entre terre et eau de la côte orientale Corse – étang d’Urbino
Paysage entre terre et eau de la côte orientale Corse – étang d’Urbino

Coûts

Coût des études Non renseigné
Coût des acquisitions Non renseigné
Coût des travaux et aménagement Non renseigné
soit, le coût à l'hectare :
Non renseigné 
Coût de la valorisation Non renseigné
Coût total de l’opération Non renseigné

Partenaires et maître d'ouvrage

Partenaires financiers et financements - Agence de l'eau RM&C
Partenaires techniques du projet - Conservatoire du littoral - Conseil général de Haute Corse - IFREMER - Université de Corse - Office de l'Environnement de la Corse (OEC)


Maître d'ouvrage Conservatoire du littoral - délégation de Corse

Contacts Anne Martinetti
  3 rue Luce de Casabianca 20200 Bastia

corse@conservatoire-du-littoral.fr

Référence(s) bibliographique(s)

Non renseigné
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