Une mosaïque écologique

Loin d’être uniforme, une zone humide abrite souvent une mosaïque écologique, tant à l’échelle d’un grand territoire de plusieurs kilomètres carré que sur une infime surface de quelques centimètres carrés. Cette mosaïque résulte des variations, voire micro variations, de la nature du sol, du relief, du degré d’humidité, de la salinité ou encore du stade d’évolution du milieu humide.

Ainsi, dans une sansouïre ou un pré salé, les micro-variations du relief associées aux variations de marées ou de la remontée de la nappe d’eau salée donnent naissance à une mosaïque d’espèces plus ou moins tolérantes à la présence de sel dans le sol. Au gré du relief, du plus doux au plus salé, les espèces végétales se succèdent : tamaris, inule, salicorne arbustive, limonium, salicorne annuelle.

Dans la vallée de la Loire, un coup d’œil suffit pour être frappé par la diversité des espèces présentes, du roseau au chêne, du poisson au rapace. L’examen du paysage nous aide à comprendre les raisons de cette diversité. Le fleuve modèle une mosaïque de milieux très diversifiés, évoluant dans le temps et dans l’espace. Un banc de sable déposé par la dernière crue, minéral et sec, est colonisé par quelques plantes annuelles ; les sternes y déposent leurs œufs. Une grève un peu plus ancienne est progressivement couverte par des plantes herbacées (« roseaux ») et des saules arbustifs. Une grande île est couverte dans ses parties basses d’une « forêt de bois tendre » (saules, peupliers...) et sur son sommet, moins inondable et au sol plus profond, de « forêt de bois dur » (chênes, frênes...) accueillant une colonie de hérons. A l’arrière de l’île, une boire – bras annexe – présente des conditions de vie bien différente du chenal : des eaux calmes, un fond vaseux ; les poissons et les plantes y sont donc particuliers. La description pourrait encore se poursuivre : prairies inondables, bras morts isolés du fleuve, falaises de sable...

Ainsi, chaque unité de la mosaïque possède sa flore et sa faune propres, adaptées aux conditions de vie locales. En outre, de nombreuses espèces ont besoin de plusieurs unités pour vivre : le héron niche en forêt mais pêche au bord des eaux. D’année en année, la mosaïque se renouvèle, par l’action des crues et la dynamique de la végétation, permettant le maintien à long terme de la biodiversité.

Page mise à jour le 10/09/2015
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