Les bénéfices cachés des Tourbières de l’Agout (Tarn)

Les tourbières sont souvent considérées comme des réservoirs de biodiversité. Cependant, celles qui subsistent sont, en général, situées dans des zones préservées, et loin des agglomérations. De ce fait, on les considère souvent comme peu propices à de nombreux et importants usages sociaux, économiques, ...
Pourtant, le bilan économique de ces milieux est probablement nettement plus intéressant que tout scénario d’occupation des sols qui conduirait à leur dégradation ou disparition.

Situé dans le département du Tarn, le bassin versant de l’Agout représente 450 000 ha. Les zones humides tourbeuses représentent environ 0,6 % de la surface d’un bassin versant comme celui de l’Agout. Or, la présence de ces tourbières est fortement liée à un mode d’utilisation du sol, seule compatible sans réserves avec la persistance de la tourbe. Il s’agit d’un pâturage par des bovins, sans intrant et avec un chargement faible (faible densité d’animaux par hectare).

En théorie, les différentes valeurs s’ajoutent, lorsque l’on considère les tourbières du point de vue du développement local : elles génèrent un revenu d’activité agricole, auquel s’ajoute celui de la vente d’eau ; elles évitent de mettre en oeuvre des solutions de remplacement coûteuses pour les sécheresses et les inondations, et des traitements supplémentaires pour l’eau potable ; elles forment des supports d’activités de loisirs ; enfin, elles représentent un stock de carbone considérable, qu’il coûterait cher de remplacer. Certains de ces bénéfices cachés des zones humides sont spectaculaires, une fois chiffrés : l’activité de vente d’eau en bouteilles, rapportée à l’hectare, est bien plus importante en termes économiques que l’agriculture. D’autres sont plus modestes, mais prennent leur sens par leur cumul sur le même espace : les services rendus « hydrologiques » totaliseraient de 200 à 450 €/ha/an (étiage, inondations, eau potable). Enfin, la conservation du carbone, caractéristique de la tourbe, est encore une valeur économique virtuelle, mais elle le sera de moins en moins. Au total donc, les bénéfices cachés de la tourbière en font probablement une occupation du sol parmi les plus intéressantes pour le développement local de cette région du Tarn.

Source : synthèse "évaluation économique des zones humides", Agence Adour-Garonne, ACTeon, 2009

Page mise à jour le 10/09/2015
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