Intensification de l'agriculture et de l'aquaculture

Agriculture 

L’utilisation agricole des zones humides a longtemps permis de trouver un équilibre entre économie et biodiversité. Le pâturage ou la fauche ont par exemple permis de conserver des marais « ouverts » (non boisés), favorables à de nombreuses espèces animales ou végétales.

Toutefois, la situation a considérablement évoluée durant ces 6 dernières décennies, avec une forte intensification des pratiques culturales. Cette mutation résulte de progrès technologiques mais aussi et surtout des politiques d'aménagement rural (primes, attribution de quotas, exonérations fiscales, remembrement...) qui ont favorisé l’intensification des productions aux dépens des milieux naturels.
Ces évolutions ont entraîné la dégradation de nombreux milieux humides, voire leur disparition : assèchement par drainage, transformation des prairies en labours, eutrophisation (apports excessifs d’engrais), augmentation de la fréquence de fauche des prairies, rectification de ruisseaux, etc.

L’irrigation peut se traduire par l’assèchement de milieux humides en cas de prélèvements excessifs dans les nappes ou les rivières ; elle peut motiver la création de retenues collinaires souvent implantées dans des vallons accueillant des milieux humides.

L’agriculture intensive peut avoir d’autres impacts, dont certains restent mal connus, telle que la contamination des chaines alimentaires par les pesticides.

Afin de concilier la préservation des zones humides et la qualité des productions agricoles, il est nécessaire de concevoir une exploitation équilibrée de ces espaces.
 

Aquaculture

Depuis des siècles, certains milieux humides sont aménagés pour la production de poissons ou de coquillages. Cet usage a donné naissance à certains espaces reconnus aujourd’hui pour leur intérêt écologique, tels les étangs de la Brenne ou de la Dombes.

Cette activité tend aujourd’hui à s’intensifier, avec des conséquences sur la biodiversité.

 

régions d’étangs
L'intensification de l'aquaculture dans les régions d'étangs peut entraîner leur dégradation en raison de la taille verticale des berges, de l'enlèvement de la végétation, de l'apport excessif de fertilisants... La dégradation de ces étangs est aussi liée à d’autres phénomènes : impact de l’agriculture intensive voisine, gestion de l’espace à finalités cynégétiques, espèces exotiques envahissantes... La création de nouveaux plans d'eau sur des zones humides entraîne leur disparition.

conchyliculture
La production de coquillages tend à se développer, avec la multiplication des parcs à huîtres et à moules sur les littoraux et les lagunes atlantiques et méditerranéennes. Ces aménagements peuvent dégrader les milieux humides, par exemple en modifiant la dynamique sédimentaire, accélérant le dépôt de particules.

Depuis une dizaine d'années, certains acteurs des filières agricoles et aquacoles se sont engagés à avoir des pratiques compatibles avec le respect de l'environnement en  mettant en place par exemple des chartes, des démarches de valorisation des produits et utilisent les outils de soutien économique durable.

 

 

Page mise à jour le 10/09/2015
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